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Écho de l’ACF-Île de France Soirée intercartels – Par Marcelo Denis

En préparation de la rencontre PIPOL 7, la soirée intercartels organisée par l’Envers de Paris et l’ACF-IdF du 8 juin dernier, a été l’occasion d’entendre le produit des cartels qui ont travaillé pendant trois mois autour du thème « victime ». Beaucoup de propositions d’intervention émanant des cartels nous ont rendu le choix des textes difficile, nous avons pour cela sollicité l’aide des plus-uns.

Six textes réduits au maximum, venant de six cartels fulgurants différents, ont été présentés par les cartellisants. Sous forme de flashs, ils sont venus éclairer voire, illustrer différents points de la question. Ils ont montré la façon dont la psychanalyse peut se positionner sur l’être victime d’un sujet, comment elle peut accueillir et traiter des sujets se présentant sous le signifiant victime.

C’est autour de trois parties : fictions, scène privée et professionnelle, et enfin la parole ravagée que les interventions des cartellisant ont été regroupées. Cinq vignettes cliniques d’adultes et d’enfants ont montré comment un sujet peut se servir d’un signifiant ou se sortir d’une position ; puis un texte basé sur la vie de Jan Karski à partir du livre de Yannick Haenel posait une question : Jan Karski a-t-il été victime de sa destinée ?

En proposant plusieurs axes de lecture autour de ce terme « victime », Guy Briole, invité d’honneur, a attiré notre attention sur le fait que « victime » n’est pas un concept psychanalytique. Si l’on est victime c’est dans la rencontre avec un réel et que « le traumatisme dont souffre un sujet victime n’est pas tant ce qu’il voit mais ce qui le regarde ». Afin d’illustrer ceci, nous avons eu l’exemple de la destinée de Jan Karski, polonais qui eut pour mission en 1942 d’être le messager de l’extermination du peuple juif auprès des alliés. Au-delà d’un texte qu’il dût apprendre par cœur, il a été incité à voir par lui-même. Après avoir vu de ses propres yeux l’horreur du ghetto de Varsovie, il a été lui-même regardé par cette horreur qui faisait de lui non plus seulement un messager mais également un témoin. En vain, il a tenté de transmettre son message-témoignage sur l’extermination du peuple juif et n’a eu cesse de revoir ces images qui l’ont hantées, l’ont regardées jusqu’à la fin de sa vie…

Guy Briole a animé la soirée à un rythme soutenu, avec des questions sur chaque présentation tout en respectant un timing serré. Dans la salle comble, nous avons trouvé un auditoire attentif intervenant dans le débat, ainsi que la présence notable des plus- uns des cartels venus soutenir la réflexion.

En guise de conclusion, Guy Briole nous a présenté son texte « Le pharmakos au XXIème   siècle » qui a été une découverte pour l’ensemble de l’auditoire de Navarin.

Le temps nous a été compté et cette soirée se finissait déjà, à grande vitesse, à la lumière des éclairages portés par le traitement rigoureux de la lecture analytique. Je tiens à remercier l’ensemble des participants ainsi que Pascale Fari de l’Envers de Paris et son équipe de Paris cartel, pour cette fructueuse collaboration.

Marcelo DENIS, délégué aux cartels pour l’ACF-IDF

Translations : Espagnol, Anglais, Italien, Néerlandais