unnamed (2)

S’imaginer victime, se déclarer victime, être victime, par Véronique Voruz

Ce texte est la transcription de l’intervention de Véronique Voruz donnée à l’occasion d’une conversation clinique à Turin le 13 mars dernier. Cette conversation -« Criminologie lacanienne »- abordait les rapports entre psychanalyse et criminologie, discipline qui inclut, depuis plusieurs décennies, la victimologie.

[La psychanalyse] va … devenir de plus en plus utile à préserver au milieu du mouvement toujours plus accéléré dans lequel entre notre monde.

Lacan J., Mon enseignement, p. 66

En tant que psychanalystes, nous nous intéressons aux signifiants-maîtres proposés par la civilisation en ce que, d’une part, ils ne sont jamais sans avoir un rapport avec quelque chose du réel en jeu pour le sujet de la civilisation, que d’autre part, ils fournissent les identifications prêt-à-porter dont les sujets s’emparent pour configurer leur souffrance, leur malaise, leur fantasme, leur appel à l’Autre du savoir et du soin, et qu’enfin ils dénotent une logique gouvernementale pour la gestion du groupe humain.

Ayant donc identifié trois dimensions de la problématique de la « victime », je vais dire quelques mots de chacune de ces dimensions avant de conclure sur ce que la psychanalyse a, pour sa part, à dire sur la question de la « victime ». Reprenons ces trois dimensions : 1) quel rapport entre le S1 « victime » et le réel ; 2) quelle utilisation par les sujets contemporains du signifiant-maître « victime » ; 3) quelle logique gestionnaire des comportements humains.

  1. Rapport signifiant-maître « victime » et réel du sujet de la civilisation

Universel et pas-tout

Pourquoi la popularité de ce signifiant aujourd’hui ? Ici je vais reprendre une thèse développée par Jacques-Alain Miller à partir du Séminaire XX de Jacques Lacan. Leur thèse est qu’avec ce qu’il est convenu d’appeler le déclin du père, ou encore de la tradition, la structure de la civilisation – celle qui nous ‘met en scène’ comme sujets, comme effets de sujet – est passée de la structure de l’universel à celle de la globalisation.

Ce n’est pas une grande révélation de dire que nous vivons maintenant dans un monde globalisé. Il faut donc encore spécifier l’apport de la construction psychanalytique : Freud s’est employé à argumenter, dans ses textes sur la civilisation, que la civilisation humaine s’était construite sur deux interdits (inceste et parricide), leur transgression au niveau soit de l’inconscient soit dans la réalité donnant lieu soit à des sentiments de culpabilité inconsciente, soit à une culpabilité réelle. Pour lui, les mécanismes d’inscription de l’individu dans le lien social étaient donc ceux du refoulement des pulsions interdites, et le groupe humain s’organisait par référence à l’interdit.

On peut traduire la construction freudienne ainsi : le groupe humain était organisé par l’universel de l’interdit, et la jouissance de chacun pouvait être limitée par les signifiant-maîtres de ces interdits, qui limitaient et encadraient le rapport à l’autre et au groupe. La contrepartie de la renonciation à certaines jouissances était la sécurité, la stabilité de l’ordre social, les choses étant ainsi à leur place. Le raisonnement de Freud s’inscrivait plutôt dans la logique du contrat social du philosophe politique Thomas Hobbes : renonciation aux pulsions naturelles contre ordre social.

L’interprétation lacanienne, à partir des années 1970, est que la structure de la civilisation n’est plus celle d’une organisation par l’interdit (les interdits qui restent sont d’ailleurs impossibles à faire respecter à l’époque d’Internet, de la science qui s’évertue à repousser les limites imposées par la ‘nature’, notamment au niveau de la reproduction, etc.) mais celle du sans-limite de la globalisation.

La dissipation de l’interdit est par ailleurs corrélée à une précarisation de chaque élément du groupe social, et c’est cette précarité (au niveau économique, politique etc.), qui fragilise la position de chacun dans le lien social.

Précarisation et signifiant « victime »

Globalisation et précarité vont de pair, ce n’est pas non plus une exclusivité psychanalytique que de le formuler : le thème se déploie de l’ouvrage Vie précaire de Judith Butler[1] au développement en droit, sociologie et sciences politiques d’une série de débats sur la précarité (au travail, de la citoyenneté pour les populations migrantes, celle suscitée par l’extra-territorialité du terrorisme, ou bien celles que le chercheur africain Achille Mbembé a nommé du terme de nécropolitique, pour montrer en quoi nos sociétés reposent sur le « laisser » ou même « faire mourir » certaines populations du monde considérées comme indésirables).

De plus, les cadres, places et repères de la vie humaine sont chaque fois un peu plus déstabilisés par tout évènement marquant l’avancée de la globalisation :

1) disparition des frontières : chute du mur de Berlin, effondrement du bloc soviétique, conversion de la Chine à l’économie de marché ;

2) disparition de la possibilité de localisation territoriale du danger : attaques successives de la croyance à l’intégrité territoriale et à la sécurité qui en découle, que l’on nomme par une marque, car elles sont hors-sens : dates (9/11, 11-M, 7/7), noms propres (Charlie) ;

3) fin de la croyance au progrès, au politique : les crises financières à répétition dévoilent la réalité crue d’un capitalisme amoral, d’une union inflexible entre pouvoir étatique et capital, donnant lieu à un cynisme grandissant des populations face à la gabegie politique et administrative des instances gouvernementales nationales comme européennes. Cette déstabilisation donne lieu à des effets d’incroyance, de méfiance, à la proliférations des théories du complot : il devient difficile de faire confiance, car rien ne tient, rien n’est à sa place.

La précarité dont il s’agit est donc réelle, mais aussi subjective : le sujet sans repères, sans croyances, est un sujet précaire.

« Le pas-tout [de la globalisation] », dit Miller, « comporte la précarité pour l’élément. » (« Intuitions Milanaises [2] », p. 17) Or, ce « pas-tout » de la globalisation est référé, en psychanalyse, au « pas-tout » qui caractérise la sexuation féminine, ce qui permet un autre déchiffrage du monde que le déchiffrage freudien, corrélé à l’universel de l’interdit. En effet, Miller poursuit ce déchiffrage en montrant que cette précarité, effet du pas-tout de la globalisation, s’accorde bien avec la montée des valeurs dites féminines dans la société, les valeurs compassionnelles, la promotion de l’attitude d’écoute, de la politique de proximité, que doivent désormais affecter les dirigeants politiques.[2]

Et donc avec la venue sur le devant de la scène du signifiant « victime ». Pour reprendre notre fil logique, donc : la structure qui met en scène le sujet de la civilisation est celle du pas-tout. Elle a pour premier effet une précarisation de chaque élément de l’ensemble social, et pour second effet une montée de la compassion et des valeurs du soin, ces deux effets devant être pris en compte par les politiques. Face à la précarisation du lien social que pointe le « pas-tout », notre statut de ‘victimes potentielles’ est dévoilé : ou notre impuissance face à l’irruption toujours possible d’une jouissance délétère, d’une catastrophe écologique, d’un attentat terroriste, d’une maladie mortelle, de la trahison d’un être aimé, de la folie et du crime, de la dérégulation des marchés capitalistes, etc. Ce signifiant « victime » pointe donc un réel, celui de l’absence de garantie dans l’Autre, aujourd’hui plus qu’avéré.

  1. Utilisation subjective du signifiant-maître « victime »

Pour mon deuxième point je vais dire quelques mots de l’utilisation qu’un sujet peut faire du signifiant « victime » face au réel qui est en jeu pour lui, à partir des déclinaisons proposées par les organisateurs de la conférence : « s’imaginer victime, se déclarer victime, être victime » . En y réfléchissant, il me semble que ces trois expressions font référence à trois positions subjectives qui se fondent d’un usage distinct du signifiant « victime ».

Prenons « l’être victime », et lisons-le dans la perspective que Miller a apporté dans L’être et l’un[3], en mettant l’accent, donc, sur l’être et non pas sur le « victime » : « être victime » peut fonctionner comme une identification à un signifiant articulé à un discours, une fiction langagière qui peut apporter au sujet une solution au niveau de l’être, au niveau de son manque-à-être. On peut, à partir d’un « être victime », comme on le peut à partir de tout « être x », organiser sa vie, lui donner un sens, résorber avec plus ou moins de succès la pulsion dans cette organisation.

Le « se déclarer victime » me semble quant à lui pouvoir relever d’un appel à l’Autre, quel qu’en soit l’objet : demander réparation d’un dol, qu’il soit fondamental ou qu’il s’agisse d’un évènement faisant irruption dans une vie où cela allait, chercher chez l’Autre une reconnaissance pacifiant la souffrance, vouloir s’inscrire dans les circuits que l’Autre a mis en place pour répondre à la catégorie de dol en question : crime, abus, violences conjugales, terrorisme, etc. Quel que soit l’objet de la demande du sujet qui se plaint, ainsi que j’en discutais hier avec Rosanna Tremante, le signifiant « victime » peut servir de signifiant du transfert et permettre au sujet de dire quelque chose du nœud où il ou elle est pris, à condition qu’il y ait une écoute qui cherche à entendre l’énonciation dans l’énoncé, à savoir la division subjective qui est en jeu, et n’ait pas pour but de faire taire le sujet en écoutant sa plainte ‘une fois pour toutes’.

Quant au « s’imaginer victime », la psychanalyse nous permet de cerner qu’il relève du fantasme par excellence. Qu’entendons-nous ici par « fantasme » ? Nous utilisons ce mot d’une manière particulière, pour nommer le scénario qu’un sujet a pu se construire pour faire avec la jouissance dont il a fait l’objet en tant que produit du désir du couple parental. Comme l’expérience humaine, de par la prématuration de l’infans, implique que tout sujet s’expérimente d’abord comme objet de l’autre, le « s’imaginer victime » est au cœur de bien des fantasmes, dont Lacan a pu dire que le noyau était toujours masochiste.

C’est ainsi que Lacan a pu dire de Sade qu’il y en avait au moins un qui avait traversé son fantasme, à savoir qui avait pu apercevoir le noyau masochiste de sa position subjective, lorsqu’il formule, dans La philosophie dans le boudoir, ce que Lacan traduit dans les termes suivants : « Chacun a le droit de me dire : « j’ai le droit de jouir de ton corps, peut me dire quiconque, et ce droit, je l’exercerai, sans qu’aucune limite m’arrête dans le caprice des exactions que j’aie le goût d’y assouvir.[4]» Lacan note que Sade n’est « pas dupé de son fantasme » (778), et que celui-ci est plus honnête de « se prononcer de la bouche de l’Autre » (770).

Cette rapide déclinaison de certains usages du signifiant « victime » montre immédiatement que chaque dite « victime » doit être prise dans sa singularité de sujet et non pas par le bout catégoriel : est-il question d’être, d’Autre, de jouissance ?

  1. Le discours contemporain : gouvernementalité et biopolitique 

 Dans le discours contemporain de la gouvernementalité biopolitique, la catégorie « victime » est une catégorie parmi d’autres pour la gestion des comportements humains.

De manière générale, nos gouvernements en mal d’idéaux se donnent pour mission la gestion des risques[5]. Dans ce contexte, le signifiant « victime » s’articule à celui de « risque ». Par exemple, que pour ce qui est du droit pénal, au signifiant « victime » correspond celui de « dangerosité » du côté de l’infracteur. Il s’agit d’une répartition par le signifiant des différents comportements humains selon qu’ils sont de l’un ou de l’autre côté de la ligne du risque.

Ajoutons encore que si un dangereux crée une victime, la victime ne crée pas forcément, en répondant, l’infracteur comme coupable, car il s’agit bien plus souvent de trouver un responsable – quelqu’un qui soit, justement, mis en position d’avoir à répondre là où la tendance est à considérer que le criminel n’est pas responsable, c’est-à-dire à même de répondre de son acte – soit du côté des services de santé mentale dont l’auteur du crime pouvait être connu, et qui n’ont pas ‘dépisté’ le danger, soit du côté des acteurs de la justice qui n’ont pas pris les mesures nécessaires à la prévention du crime.

On peut donc dire que le rétablissement du lien social après la fracture que cause un crime se répartit en ces trois moments : reconnaissance du statut de victime (c’est une relative nouveauté de donner une ‘place’ à la victime en droit pénal), prise de mesures de gestion de la dangerosité, et identification d’un coupable dans les instances responsables de la prévention des risques.

                On peut aussi noter ici que l’on attend des victimes qu’elles ne le restent pas trop longtemps, et qu’elles parviennent rapidement à redevenir les entrepreneurs d’elles-mêmes que le discours capitaliste attend de tout individu : ne pas être un ‘poids’ pour la société, une entrave à la rentabilité. On peut ici situer l’émergence du discours d’empowerment : autonomisation, responsabilisation de soi, etc., qui sont des réponses au niveau du renforcement du moi (le moi fort, ça fait de « bons employés », comme le dit Lacan[6]).

4 – La psychanalyse et les ‘victimes’

 Quelle est la visée des dispositifs d’assistance aux victimes, et en quoi l’écoute psychanalytique s’en différencie-t-elle ? Pour Miller,

 Évidemment, on ne propose l’écoute comme politique que sur le fond de l’absence de réponse. L’écoute devient elle-même la réponse dans le silence du maître. C’est ça l’usage politique de la communication intersubjective, à savoir que vous ne recevrez jamais d’autre message que celui que vous avez adressé.  (« Intuitions Milanaises [2] », p. 19)

Au lieu d’entendre ce qui est dit par chaque sujet, dit « victime », de la singularité de sa position, l’orientation des discours sociaux est la réparation, la compensation, selon des protocoles mis en place par les experts de la biopolitique :

Le mot catastrophe contient l’idée d’une causalité arbitraire, d’un imprévisible et qu’il faudrait réparer. Avec l’idée de réparation, la notion de victime est déplacée vers l’événement et écarte ce qui a pu surgir pour un sujet dans cette contingence. La singularité est résorbée d’emblée et située dans un au-delà qui l’inclue dans un collectif. La plainte d’un sujet n’a plus à être prise en compte, ce sont des résultats aux échelles, aux examens biologiques, qui en disent son évaluation. La victime, le sujet traumatisé, n’a plus qu’à se laisser guider au travers du dédale de questionnaires, d’échelles, de dosages biologiques. On le traitera en conséquence. (Guy Briole, PIPOL news)

Au contraire, dans la psychanalyse, nous considérons qu’un évènement traumatique peut provoquer une ouverture de l’inconscient, et donc une supposition de savoir, une supposition que l’on est déterminé par un savoir inconscient[7]. La catastrophe subjective coïncide souvent avec un moment ou le scénario du fantasme ne parvient pas à boucher le trou dans le savoir, ni à suppléer à l’absence de garantie dans l’Autre. Elle est donc aussi, logiquement, un moment où le sujet peut construire un savoir sur son inconscient.

Je donne deux orientations analytiques quant à ce mode d’entrée en analyse sur le mode « victime ».

Implication subjective

Freud nous donne la première indication dans son traitement de la jeune Dora, reformulée ainsi par Lacan : « Regarde » dit Freud à Dora, « quelle est ta propre part au désordre dont tu te plains.[8]» Prendre sa part dans ce dont on se plaint nous permet d’avoir « une prise sur les vérités qui … seront révélées au cours de l’analyse.[9]» Donner prise au sujet sur son vécu en ne passivant pas sa position est donc une première orientation.

L’empathie, la compassion, vouloir le bien de la « victime », par ailleurs, outre une passivation du sujet qui vient parler, peut aussi souvent entraîner une méconnaissance de ce qui est en jeu pour un sujet. Les soi-disant bienfaits du désir thérapeutique méconnaissent la « valeur de forçage » de ce que « l’analyste croirait être le principe de réalité » : aller à l’encontre de la position fantasmatique qu’un sujet a pu adopter « pour ne pas se soumettre à la demande de l’Autre », pour ‘son bien’, pour ce que vous, « vous considérez comme des bienfaits »[10].

La psychanalyse n’est pas marchande d’espoir

Je puise la deuxième dans le Télévision  de Lacan, lorsqu’il lui est demandé de répondre à la 3e question de Kant, « Que puis-je espérer ? » :

… j’ai vu plusieurs fois l’espérance, ce qu’on appelle : les lendemains qui chantent, mener les gens … au suicide tout simplement[11].

Nulle promesse de réparation, de compensation dans la psychanalyse selon Lacan, qui reconnaît la valeur mortifère de l’espoir donné à mauvais escient.

Je dirais ici que la seule promesse que la psychanalyse peut faire, c’est de prendre en compte le réel de chacun, de faire passer ce réel au lieu de l’Autre par le biais du transfert, afin qu’il ne fasse pas retour, « retour de destinée » dit Lacan dans sa Proposition de 67, et donc de ne pas collectiviser sa souffrance au moyen des signifiant-maîtres de la modernité[12].

Conclusions

 Victimes, nous le sommes avant tout de notre jouissance, aujourd’hui décuplée par les incitations à dépasser les limites du monde capitaliste, qui les dématérialisent par ailleurs à une vitesse vertigineuse, au moins dans l’imaginaire : on pourra bientôt tout réparer, nous fait-on miroiter. Pensons par exemple à l’annonce récente d’un chirurgien italien, de Turin d’ailleurs, selon laquelle d’ici deux ans, il pense être à même de faire une greffe de corps entier : à savoir, mettre la tête de x sur le corps de y.

On retrouve ce type de fantasme dans les films et séries de plus en plus dys-topiques des dernières années : se télécharger dans un corps neuf une fois qu’on aura bousillé le sien (Dollhouse), se payer un clone pour avoir accès à des pièces de rechange en cas d’accident ou de maladies (The Island).

Le « pas de limite à la réparation », fantasme propagé par le marché et la science, est l’écran qui dissimule les fractures de plus en plus profondes de notre civilisation, effet de la déterritorialisation des jouissances.

[1] Butler J., Vie précaire, éditions d’Amsterdam, 2005.

[2] Miller J.-A., “Intuitions Milanaises [2]”, Mental 12, p. 19.

[3] Miller J.-A., L’être et l’un, L’orientation lacanienne, inédit, 2011.

[4] Lacan J., “Kant avec Sade”, Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 768-9.

[5] Toute une littérature sociologique s’évertue à le démontrer : Ulrich Beck, Nikolas Rose, etc.

[6] Lacan J., Mon enseignement, p. 30.

[7] Cf. Miller J.-A., CST, Ornicar ?

[8] Lacan J., « Intervention sur le transfert », Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 219.

[9] Laurent É., “Le cas, du malaise au mensonge”, La Cause Freudienne no 50, p. 30.

[10] Miller J.-A., “Intuitions Milanaises [2]”, Mental 12, p. 14.

[11] Lacan J., “Télévision”, Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 542.

[12] Cf. Miller J.-A., Théorie de Turin

Translations : Espagnol, Anglais, Italien, Néerlandais