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Les œuvres de Pierre Bismuth exposées au congrès Pipol

Pierre Bismuth est un artiste français, né en 1963, qui vit et travaille à Bruxelles. Il doit sa renommée mondiale au scénario qu’il a écrit avec Michel Gondry et Charlie Kaufman, « Eternal Sunshine of a Spotless Mind », qui leur valut l’Oscar du meilleur scénario original en 2005. Mais au-delà de cela, il  est un artiste polyvalent qui agit sur la perception de ce que nous pensons être la réalité, et à la relation que nous avons avec elle,  en tentant de la perturber, la modifier ou la déstabiliser. Il intervient dans des galeries, des musées, des institutions, et même dans l’espace public, et cela un peu partout dans le monde. On lui doit aussi bien des vidéos, des collages et des sculptures que des installations et des œuvres conceptuelles.

Son actualité est à nouveau cinématographique : il va présenter prochainement son premier long métrage en tant que réalisateur, « Where is Rocky II ? ». En 1976, Sylvester Stallone tournait Rocky. L’artiste conceptuel californien Ed Ruscha réalisa alors Rocky II, une imitation de rocher en fibre de verre qu’il dissimula dans le désert de Mojave en Californie et dont l’emplacement est gardé secret. Trente ans après, Pierre Bismuth engage un détective privé pour retrouver le fameux rocher, et filme cette recherche. Le film mêle documentaire et fiction, mais « c’est bel et bien un film avec du suspense, même si la recherche dépasse largement son objet initial. Le véritable sujet, c’est la manière dont les choses engendrent des fantasmes qui finissent par acquérir une existence autonome. L’art est le terrain par excellence de ce type de spéculations : ce rocher, pour lequel on déploie une énergie folle, on ne sait rien de lui, juste qu’il existe peut-être quelque part. »[1]

Au même titre que cette dernière, d’autres œuvres de Pierre Bismuth nous intéressent comme psychanalystes, par exemple sa série « Des choses en plus, des choses en moins ». Dans des cloisons en matériaux légers, il découpe des cercles de manière à éliminer le plus de matière possible. Les cercles ainsi retirés de la surface de la cloison tombent au sol et sont donc à gérer en tant qu’objets-déchets.

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Ou encore sa série « Following the left hand of… ». A partir d’une séquence d’un film, il suit fidèlement et retranscrit sur support transparent les mouvements de la main droite d’une actrice jusqu’à un moment arbitraire qu’il fige en photo. Il crée ainsi un dessin qu’il superpose à celle-ci.

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Récemment encore il intervenait au siège d’une grosse institution bancaire[2] en associant, sur le principe du jumelage symbolique (comme on le fait pour des villes) l’accrochage d’œuvres de la collection de celle-ci aux personnes qui y travaillent, et cela suivant un protocole bien défini. Chaque collaborateur de la banque se voyait ainsi parrainer une œuvre déterminée arbitrairement et obligé, du coup, à en tenir compte, même si celle-ci ne correspondait pas à ses goûts ou à ses intérêts. L’accrochage des œuvres et les connexions entre elles et les employés de la banque étaient renouvelés régulièrement.

On se demandera évidemment quel lien tout ceci peut bien avoir avec PIPOL 7. Nous vous en réservons la surprise au Square, à Bruxelles, les 4 et 5 juillet prochain.

Marc Segers

[1] Interview de Pierre Bismuth, les Inrocks,  27-01-2015

[2] coll (nn)ection ING Belgique